Publié par : youcefallioui | septembre 13, 2008

HISTOIRE DE LA KABYLIE

AVANT-PROPOS – SEND TAZWART

Ceux et celles qui ont lu mon livre ont vite compris que cet ouvrage est né des graves événements du printemps noir kabyle 2001 ; printemps pendant lequel 126 personnes – dont la majorité étaient des jeunes ont été froidement assassinés par les gendarmes algériens. Il y a aujourd’hui encore plusieurs centaines de blessés, sans compter les traumatismes multiples causés par ces graves événements.

J’ai essayé de discuter avec les mamans dont les enfants ont été assassinés. Elles pouvaient difficilement dire leur douleur et il n’est pas dit qu’elles arriveront un jour à faire le deuil de leur deuil. L’une d’elle me dit : « Ils leur ont coupé leur vie, comme on coupe de tendres tiges ! (gezman-asen ddunnit nsen, akken gezzmen aγeddu ! ) ».

A Awzellaguen, la population avait enterré ses enfants martyrs dans l’enceinte de la mairie d’Ighzer Amokrane, chef lieu de l’arch d’Ouzellaguen. En 2002, quand je suis allé me recueillir sur les tombes des ces jeunes, je m’étais dit qu’il fallait faire quelque chose. En revenant à la maison, j’avais écrit dans la journée une sorte de pamphlet d’une quarantaine de pages pour leur rendre hommage.

Mais en lisant tout ce qui a été écrit et dit ici et là sur ces événements et la Kabylie, je me suis rendu compte qu’il fallait resituer ces malheurs dans un contexte beaucoup plus large, celui de l’histoire des archs et du peuple kabyle depuis l’antiquité à nos jours.

METHODE  – TARRAYT

Il fallait donc nécessairement, comme je l’ai écrit en introduction, construire mon propos d’après une méthode que j’ai souvent mise en pratique dans mes écrits : celle de m’appuyer sur la langue kabyle pour décrire une chose, un événement ou restituer une réalité qui toucherait de près ou de loin le peuple kabyle. Pour la clarté de mon exposé, vous me permettrez donc d’utiliser, autant que faire se peut, la langue kabyle pour expliciter certains passages de mon laïus.

Comme je l’ai souvent dit et écrit, l’évacuation des faits historiques empêche la juste compréhension des événements et des hommes. A cette évacuation s’ajoute – quand il s’agit des Berbères – celle de la langue kabyle, langue amazighe. Et l’on se retrouve alors face à un colportage de bêtises et de non-sens supportés bien souvent par une franche hostilité vis-à-vis du peuple kabyle. Et comme je pense avoir dépassé les entraves de la digression, si souvent mise en avant,  je me permettrai de revenir plus loin sur quelques exemples qui illustrent bien ce phénomène.

INTRODUCTION – TAZWART

Il m’a donc semblé nécessaire de replacer la Kabylie dans son histoire et celle de ses confédérations (laεrac). Je voudrai faire une mise au point sur le titre de l’ouvrage : par commodité éditoriale, j’ai pris le terme de « tribus » (aderwal/iderwalen) en lieu et place de « confédérations » (leεarc/laεrac).  Ces deux termes représentent juridiquement et sociopolitiquement des réalités différentes : les Anciens disaient de la tribu (aderwal) « Que c’est un arch incomplet » (aderwal  n lεarc ur neggwidh). Pourquoi cette distinction ? Tout simplement que pour nos ancêtres, la confédération (lεarc) est davantage l’équivalent de « nation ».

Faute de connaissance de notre langue, ces nuances n’ont malheureusement jamais été rapportées par les historiens. L’histoire des Berbères a été écrite par d’autres. Les Kabyles n’ont pas gardé une trace écrite de celle-ci. Par conséquent, Leur littérature orale nous éclaire sur les nombreux soubresauts et résistances vécus par la Kabylie.

Seule la littérature orale – notamment la sagesse populaire (tamusni), le proverbe (inzi), le conte (tamacutt), le mythe (izri) , la poésie (asefru), les énigmes (timsaεraq) et les nombreux apologues (celui du « chiendent et du figuier », « celui de l’olivier »…) – nous permet de comprendre comment un peuple « sans écriture », un peuple autochtone (At tmurt), a vécu et compris son Histoire dans une résistance acharnée contre les nombreux envahisseurs qui ont bien souvent volé ses terres et sa langue mais pas son âme.

Dans un conte fort connu des Kabyles « Bélajoutte et l’ogresse » (tamacahut n Belεejjudh), le sage et suffète (mezwer) président du village dit à Bélajoutte : « Un arch digne de ce nom doit se pencher sur son passé ! » (lεarc yeddan di temγwer, yettallay ansi d-yekka !)

Un arch est une confédération qui possède un finage bien déterminé qui regroupe plusieurs « villages-­républiques laïques » (tudrin tisnarxsiyin) liés par des frontières communes et des intérêts politiques communs. Chaque Kabyle porte le nom de son arch. Lors de ses déplacements à l’intérieur de la fédération kabyle (tamawya taqbaylit), il déclinera son identité en donnant d’abord le nom de l’arch auquel il appartient. Quand un arch dépasse la quinzaine de cités, il prend le nom de confédération (taqbilt), nom auquel les Kabyles doivent le leur.

La Kabylie en comporte encore un peu plus de 200 archs (cites : 190). Ce sont les archs qui ont donné ce que l’on appelle (en kabyle), la « fédération laïque kabyle » (tamawya tassnarexsit taqbaylit). «Vivre dans l’arch » signifie obligatoirement reconnaissance du caractère laïque de la vie en communauté. L’arch kabyle correspond donc à la définition que les Grecs ont donnée à la laïcité (laos).

Depuis l’antiquité, pour ne pas dire depuis des temps immémoriaux (seg-wasmi id tejna ddunnit), les archs kabyles ont construit leur résistance sur un modèle politique laïc et démocratique encore vivant. Ce que les Anciens Kabyles appelaient Tassnarexsa.

Il me semble que les sursauts et les révoltes d’aujourd’hui ont leur explication dans l’histoire de l’Afrique du Nord. Une histoire mouvementée, dont les déchirements et les horreurs, mais aussi les espoirs, sont aujourd’hui portés par une jeunesse kabyle qui lutte chaque jour pour sauvegarder l’héritage de ses ancêtres, les Imazighen.

Les Archs, tribus berbères de Kabylie – Histoire, résistance, culture et démocratie – L’Harmattan – 2006.

Sommaire du livre sur les Archs


INTRODUCTION

1. Ce que ne disent pas les livres

2. Le « printemps noir kabyle 2001»

3. Les archs, entre sagesse et résistance

4. Plan et méthode de l’ouvrage

4.1. Le plan

4.2. La méthode

PREMIERE PARTIE

LES ARCHS KABYLES : DES ORIGINES A NOS JOURS

Chapitre 1

LES BERBERES : MYTHE, LANGUE ET HISTOIRE

1.1. L’histoire et la mythologie berbères

1.2. Ce que dit la langue amazighe

1.3. Diviser pour régner

1.4. Béjaïa des ancêtres

Chapitre 2

LA TERRE ET LES HOMMES

2.1. L’attachement des Berbères à la terre des Ancêtres

2.2. Le peuple qui ne veut pas disparaître

Chapitre 3

LES ARCHS DANS LA TOURMENTE

3.1. La résistance des archs kabyles

3.2. La résistance berbère contre les Romains

3.3. La résistance berbère contre les Arabes

3.4. La résistance kabyle contre les Turcs

Chapitre 4

LA COLONISATION FRANCAISE OU LA FIN DE LA FEDERATION

4.1. Abdelkader et les Kabyles

4.2. La politique berbère de la France

4.3. L’organisation coloniale de la Kabylie

4.4. Causes et conséquences de l’insurrection de 1871

4.4.1. La citadelle des At Abbès avant sa destruction

4.4.2. La tentative d’extermination des Kabyles

4.4.3. L’Assemblée kabyle sous le caïdat

Chapitre 5

DE L’ALGERIE ALGERIENNE AU MYTHE DE L’INDEPENDANCE

5.1. « Nos ancêtres les Gaulois » ou l’opium et le bâton

5.2. L’école française et l’Algérie algérienne

5.3. Le Congrès de la Soummam et ses conséquences

5.4. Le devoir de mémoire

5.5. Le mythe de l’indépendance

5.6. Les séquelles de la guerre d’Algérie

DEUXIEME PARTIE

LA KABYLIE ENTRE MER, VALLEE ET MONTAGNE

Chapitre 1

LA KABYLIE : SES LIMITES ET SA GEOGRAPHIE

1.1. Limites géographiques ou linguistiques ?

1.2. La grande vallée de la Soummam

1.3. La géographie et le climat

Chapitre 2

LA KABYLIE ET SON ECONOMIE

2.1. L’économie au temps de la fédération autonome kabyle

2.2. Le Mode de Production Kabyle (M.P.K.) 169

2.2.1. Le Kabyle et sa terre entre Malthus et Ricardo

2.2.2. La rationalité entre la jarre et le boisseau

2.2.3. Les kabyles entre la propriété privée et le collectivisme

2.2.4. Essbil ou le Basic Incom Grant

2.3. L’association, base du mode de production kabyle

Chapitre 3

LE DEVELOPPEMENT ENDOGENE

3.1. Le développement économique solidaire

3.2. Le développement durable, un choix culturel

TROISIEME PARTIE

LA KABYLIE ET SES INSTITUTIONS

Schéma simplifié des institutions kabyles

Chapitre 1

LE MODELE DEMOCRATIQUE ET LAIC

1.1. Permanence de la "république kabyle"

1.2. Le modèle démocratique et laïc

1.3. L’élection du mezwer

1.4. Agraw, l’Assemblée générale des citoyens

1.5. Schéma des institutions kabyles

1.6. Familles et cités dans la fédération kabyle

Chapitre 2

COMMENT LA KABYLIE EST DEVENUE UNE FEDERATION

2.1. Kabyles laïcs et Kabyles marabouts

2.2. Classes sociales ou utilités sociales

2.3. De l’arch à la fédération

2.3.1. Du nom des archs

2.3.2. L’ensemble confédératif du haut

2.3.3. L’ensemble confédératif du bas

Chapitre 3

LE DROIT COUTUMIER KABYLE

3.1. Jus edicendi ou jus judicandi ?

3.2. La recherche de l’équilibre sociopolitique

3.3. La séparation du politique et du religieux

QUATRIEME PARTIE

FEMMES KABYLES CULTURE ET CROYANCES

Chapitre 1

LA PLACE DE LA FEMME KABYLE DANS LA CITE

1.1. La femme kabyle entre « Libéraux » et « conservateurs »

1.2. L ‘Assemblée des femmes ou le pouvoir anagogique

Chapitre 2

LA CULTURE ORALE CIMENT DE LA SOCIETE KABYLE

2.1. La kabylité : art de vivre et philosophie universelle

2.2. La transmission orale

2.3. La joute oratoire et la poésie

Chapitre 3

LES FETES RELIGIEUSES ET LE CALENDRIER MYTHOLOGIQUE

3.1. La fête de janvier (yennayer)

3.2. La fête de la rencontre des neiges

3.3. La fête des fleurs

3.4. La fête des insectes

3.5. La fête de Nnisan

3.6. La fête de Lєinsara

3.7. La fête des figues

3.8. La fête des labours

3.9. La fête de taâchourt

3.10. La fête du partage des biens

Chapitre 4

LE PARTAGE, LA SOLIDARITE ET LE DROIT D’ASILE

4.1. Le partage et la solidarité

4.2. Le droit d’asile

Chapitre 5

LA FEDERATION KABYLE AUJOURD’HUI

5.1. La « république kabyle » depuis l’indépendance

5.2. Le printemps 1980 ou la fin de la tyrannie des mots

5.3. Les archs, de la résistance au projet de société

5.3.1. La résistance

5.3.2. Quel projet de société ?

CONCLUSION

ANNEXES

Annexe 1

La Plate-forme d’El-Kseur

Annexe 2

La nouvelle organisation des archs

Annexe 3

Le code d’honneur des délégués des archs

Annexe 4

Etrait du qanun de l’arch des Awzellaguen

Annexe 5

Chronologie des « temps obscurs » au «printemps noir»

BBLIOGRAPHIE

ELEMENTS DISCOGRAPHIQUES

ELEMENTS FILMOGRAPHIQUES

SYSTEME DE TRANSCRIPTION

Du système de transcription ou comment les archs parlent

GLOSSAIRE (amawal)


Les cartes géographiques héritées de la colonisation  comportent toutes et sans exception – même celles reprises dans les derniers écrits – beaucoup d’erreurs et d’inexactitudes : arabisation des noms des villages, des  Archs (ex. : Illoula pour Illoulène), imprécisions quant aux emplacements des Archs et des villages : Ighzer Amokrane qui est le chef-lieu des Awzellaguen (Aourzellaguen sur la carte) ainsi qu’une partie du territoire de la tribu sont situés dans l’arch des At Weghlis… Ces erreurs sont évidemment encore plus nombreuses et plus flagrantes dès qu’il s’agit du restant du territoire appelé "Petite Kabylie" : les Aït Oufella, en kabyle.


Responses

  1. Monsieur Allioui – J’ai été heureux de découvrir que vous vous êtes mis au blog. Vous connaissant, je sais toutes les mines d’or de renseignements culturels et linguistiques que vous pouvez mettre à la disposition de ceux et celles qui s’intéressent de près ou de loin au monde berbère. J’espère que vous vous mettrez bientôt plein de choses à notre connaissance. Bon courage !
    Un ami des Kabyles.

  2. trés heureux de découvrir ce blog en plus de tout de ce que jai appris sur votre travail si majustueux et précieux pour les générations futures surtout un grand bravo da youcef.
    de la part d’un awzellegue.

    • Azul fell-ak a Meqwran !

      Je vous remercie pour votre mail qui me va droit au coeur : il me vient en plus d’Awzellaguen : l’Arch de ma famille et de ma naissance qui cher à mon coeur.
      J’espère vous voir un jour quand je viendrai en vacances. Merci encore pour vos encouragements. Azul yakw i Wawzellagen amectuh ameqwran, taqcict aqcic, tamettut argaz, amghar tamghart. lehna tafat fell-awen yakw ttmurt l-Leqbavayel ! Ar tufat, lehna tafat ! Yusef Ucivane.

  3. azul bghigh kan a xidinigh tanmirth ;ghaf ayen akk ith xedmedh ghef tmazight_nagh. vraiment merci

    • Massa Kahina
      Tanemmirt tameqqwrant af awal ynem azidan inejjren abrid n tmusni. Asmi Leqbayel ara kecmen yakw di tizett g-wawal – awal n tmusni – assen a-naf abrid i yal tamsalt i-gh icudden, igh ikerfen.
      Ssaramegh-am ayen yakw tettmennidh. Ar tufat, lehna tafat a weltma aâzizen. Yusef Alliwi

    • Azul fell-am !
      Tanemmirt af awal-im adehran ! Ar tufat, lehna tafat ! YA

  4. Azul a mas Allioui

    S-ugrez (l-farh’) d amqran id kecmagh ar usmel-agi inek.
    Imi d asmel iccuren d ttamusni. Atan a rrigh-t deg ufrinen (mes favoris) deg uselkim amezyan innu (ordinateur portable).

    Maca ghur-i yiwet n tuttra ghaf ar a-k-id ttragh; imi keccini tellidh i yakan d-amusnaw n tesnilsit (la linguistique). nagh d-asnalsay (linguiste)

    Maca tiririt, ghurek akud melmi itwâidh.

    Ma ihwaya-k ghar usmel-agi inek aken atteghren wiyadh, nagh srid (direct) ghar tansa innu: Ubizar9@yahoo.fr.

    Tuttra innu tebwi-d ghaf yiwen udlis uran sin imeghnasen n tmazight H. BABACI d L. HAMEG, deg useggwasen n tazat’ (90) id ifghen ghar tezrigin (les Editions tifinagh).

    Isem n udlis-agi : DECOUVERTE de deux originalités dans la langue Berbère.

    Ayen iy-is-dehcen, nagh iy-is-wehmen: xxas inni is-duqs-iyi !

    D akken mas BABACI d HAMEG sknenagh-d sw-utlay ah’arfi (langage simple) s-yiwet n tarayt turzint (Méthode rigoureuse) snat n tufatin (dicouvertes) deg-wayen yerran assagh yellan ger tutlayt taqbaylit d Tarunught tifinagh. (graphie tifinagh).

    Amedya : azamul arunugh (simbole graphique) n uskkil ][ (F) iskanagh-d sin ifardisen (deux éléments séparés). Ula deg-unamek n wawalen di teqvaylit iqare-d yiwet n tghawsa nagh yiwet n tekti " Séparation ".

    Amedya : Ifer, iffer,afrag,tafarka ,afriwen , afrux , afus , art...

    Ici le graphème nous donne la même idée que la valeur de la lettre qui représente partout dans les mots de la laugue kabyle.

    Deg umedya iddan d wayedh :

    Tura asnarnu kan tazggart i sin ifardisen-agi ghaf id-nemeslay ad yughal akka ] + (-) + [ = ]-[ (Z).

    Ici le graphème (ZED) nous donne l’idée de"liaison".

    Amedya deg awalen akka am : Azger , ezger , azrar , azrem , zzit art…

    Tura tuttra innu d tta :

    Tarunught tifinagh (la graghie tifinagh) aha adgha ad yilli deg zik n zik ghures tallalin (les instruments) am tlawin isalayen azt’a deg xxamen di tudrin nnagh.
    Imi ar-as-t-ini tmet’ut i yelli-s " a yelli ! yall snat turdas ga-s "taghrist" arnu " tiyarsi " i-uzet’a i-yenem " yarna daghen illa w-andda imi ar-assalint azet’a arnut-as cnawi d isefra ?

    (des chants et poèmes spécifiques au tissage )

    C’est pour celà qu’on trouve dans les maisons kabyles que les femmes peint chaque début
    du mois de Mars; qui finissent souvant avec une touche particulière voir même personnelle avec toute une serie de simbole ou langage fiminin réservé aux femmes.

    L’art et les sciences dans la civilisation amazigh est un écoulement naturel lié à l’utilité de la vie matériel et de l’esprit.

    Mas Allioui ad k-iseghzef bab nnagh di tudert-ik s-talwit, d wayen i tddun yides.

    Akken inna ccix Muh’end :

    Imezwura iban-asen
    Inggura iban-asen
    Ah’lil ay-ilmasen

    Nagh daghen :

    Aw-iddan d w-it-yifen —-ad ghures iâaned at-yawedh,

    Ad yilli s-gwid yesnen —- d-imusnawen id-nxuledh,

    Nekwni s laâbad nemsawa —— ula w-inejmen wayedh.

    Djighkwen di talwit.

    • Question de Ubizar Amedyaz Anazur à propos de la contribution :

      DECOUVERTE DE DEUX ORIGINALITES DE LA LANGUE BERBERE
      (H. Babaci et L Hameg, Les éditions Tifinagh).

      Azul a gma-ynu !

      Tanemmirt af umeslay-ynek ikecmen di tussna n tutlayt. Ameslay i d-tewwid af snat tizriyin i-yufan sin imyura (mass BABACI d mass HAMEG).

      Tafakult-iw i tuttra-ynek :

      Bac a-nwali ayen uran imusnawen-agi (imasen Babaci d Hameg), ma yella ttarigla yezgan (imi i d bedredh azetta !) ma yella dgha ttizri tamatut (règle générale) nagh ttafrant kan (d-agacur = c’est le hasard), ilaq a-nger di tessirt nagh a-nesnes (snes = appliquer) tizri-yagi nsen i wgemmay amazigh n tifinagh akken yella. Imi ur nezmir ara a d-nefk tikti ijemlen af ssin kan isekkilen (fa/ef d za/ez). Ma nufa, yal asekkil nnidhen fkan-d abrid (tarezmi = solution) n isekkilen /f/ d /z/, imiren nezmir a d-nini belli aya-gi tizri tamatut. Tlaq tmazrart (une série d’éléments assez importante) i lmend n yal anadi di yal tussna. Sked aya, a d-nini kan d-agacur akken yella deg’watas n temsal yaânan yakw tutlayin. Imi, nezmer a d-nmager aya-gi di tutlayin nnidhen i-lmend n wefrad nagh n wasuf (le singulier).

      Imedyaten nnidhen llan i d-yusan mgal tizri i-yi-d tefkidh af isekkilen /F/ d /Z/ di tifinagh. Anda’ra nger di lemtel, deg’wmedya :
      - Affar : ttafriqt nagh ttadukli ?
      - Effk : ttafriqt nagh ttadukli ?
      - Taferrant : ttafriqt nagh ttadukli ?
      - Tifuzzar : ttafriqt nagh ttadukli ?
      - Fruri : ttafriqt nagh ttadukli ?
      - Afarar : ttafriqt nagh ttadukli ? atg.

      Ma yella a-nekcem atas di tmeslayt taqbaylit, a-naf belli tizri i d-tennidh ur bedd ara : u teqqim ara ttamatut.

      Imedyaten i lmend usekkil /Z/ : ini-d dagh ma yella tella tikti tamarart (liaison) nagh xati :
      - Zewwed : ttikti tafriqt = idée de séparation ;
      - Ezwir : ttikti tafriqt = idée de séparation ;
      - Ezwi : ttikti tafriqt = idée de séparation ;
      - Tizwert : ttikti tafriqt = idée de séparation ;
      - Zuzi : ttikti tafriqt = idée de séparation ; atg.

      Ma yella daghen nebgha a-nessali tikli tasnalsant, a-naf yella deg wawalen agi tikti daghen i-ten yezdin !

      Je vais me répéter en français afin de clarifier ce débat qui me semble important.

      Vous me posez la question suivante après deux constatations faites par deux auteurs kabyles qui ont écrit sur le tifinagh :
      - Le phonème /F/ impliquerait obligatoirement l’idée de séparation ;
      - ET
      - Le phonème /Z/ impliquerait obligatoirement l’idée de liaison.

      Pour répondre de façon précise (ou scientifique) à cette question, je pense qu’il faudrait au préalable une étude sur l’alphabet tifinagh tout entier. Sans cela, nous ne pouvons dire qu’il s’agit là d’une règle universelle liée au tifinagh. Il ne s’agirait donc que d’une coïncidence ou, plus précisément, d’un FAIT STOCHASTIQUE que nous pouvons rencontrer dans toutes les langues.
      A titre d’exemple, prenons le même phonème /f/ en français. Nous arriverons probablement à la même constatation de « séparation » que les auteurs (cités) avaient mis en avant en ce qui concerne le tifinagh. Quelques exemples :
      - Fuir ; fouiller ; feuille, forme, face, fardeau, femme, etc.

      Contrairement au tamazight, en français, le phonème /z/ ne constitue pas de suites lexicologiques importantes. La plupart des mots sont des emprunts aux langues étrangères. Mais en étudiant de près les mots qui relèveraient de la langue française, nous pouvons également trouver la même idée de liaison (avec quelque chose ou autrui) :
      - Zèle : idée de liaison ;
      - Zest : être entre deux parties : idée de liaison ;
      - Zigzag (emprunté à l’allemand) : idée de liaison ;
      - Zizanie : idée de liaison ou de séparation ;
      - Zone : idée de liaison ou de séparation ;
      - Zonule (emprunt au grec) : idée de liaison ; etc.

      Reprenons le phonème /f/ : nous pouvons retrouver la même chose en anglais par exemple (fare, farther, fate, farewell, etc.).

      Je m’arrête là pour conclure : nous ne pouvons donc dire qu’il s’agit d’une règle générale propre seulement au tifinagh. Je pense qu’il s’agit davantage d’un fait stochastique que d’une règle absolue – ou d’une théorie – « holomorphe ».

      J’espère, cher ami, avoir apporté quelques éléments de réponses à votre question qui demeure, quoi que j’aie dit, un sujet d’étude très intéressant. Ma réponse ne remet donc en aucun cas en question la "découverte" des auteurs de l’ouvrage cité plus haut. Bien au contraire, ils nous ouvrent la voie vers une réflexion qu’il faut davantage approfondir. Je me demande même s’ils n’ont pas mis le doigt sur une règle universelle qui s’applique à toutes les langues. Cela reste évidemment à vérifier… Je ne puis donc que saluer leur initiative et surtout la vôtre. C’est ainsi que la science avance.

      Toute ma considération fraternelle.
      Lehna tafat fell-ak ; ar tufat ! Youcef Allioui Ouchivane.

  5. Mas Alliwi

    Ad ak sutragh asuref (smah’) ur k-t’eggiragh-ara deg uakud-ik.

    Maca aken ghrigh tiririt-ik ghaf tuttra innu,h’ulfagh amaken ur teslidh-ara s-udllis agi nagh ahat ur d-ighli ara ger ifasen-ik.

    Ulac ughilif agmma. Maca ma ihwaya-k atan ghur-i ayen i-wumi iqaren (le scannère) s-ugrez ameqran (avec plaisir) ak-tin-aznagh ghar tansa n (Email) inek.

    Bac at-zredh belli adlis-agi ur d-ittmeslay-ara kan ghaf sin iskkilen /Z/,/F/ maca ghaf Uraw-tam 28 n iskkilen d kradh n taghriwin tigejdanin. (vingt-huit lettre et trois voyeles fondamantales) n tmazight.

    Anda yal yiwet deg-sent ghure-s tazrawt (étude) innes i y-iman-is. Maca ayen i y-is-dehcen d-aken ufan tza (9) n yeskkilen i yellan d-igejdanen (fondamentale et identique ) i yeskkilen id yefrurin di tza-agi (ces neufs).

    Ayen nidhen d-akken daghen degw-ayen yerran ghar temsislit (phonologie) xas inni d yiwet n tekti id-skan.

    Akka-kan swegzul (en resumé) Tifinagh n tamzight tbed akka : Le graphème = Phonème = le signifié ou le signifiant pour donner un champ sémantique complet voir même à l’infinis .

    Ce livre est très riche, ouvre toute un champ de recherche sur les sciences amazigh soit dans le domaine de l’écriture et de la géometrie de l’espace selon (euclid) auteur grecque. Une sorte de porte vers le passé et le future. entre les civilisations Alpha et Béta; entre les civilisations Hamyitique et sémyitiques ou occidentales, orientales et africaines.

    Ar tikkelt nnidhen

    • Azul a gma-ynu !

      Ak d-sutregh asuref imi :
      Gellegh di tiririt af wawal i d-ternidh i lmend n wedlis n ssin imyura i-f i d-nemmeslay yakan. Adlis-agi mazal ur teghrigh ara, mi-d yusa wass-ni, ak reggmegh alma urigh-d adris fell-as i wakken a d-fkegh ayen ttwaligh. Si ssya ar imiren, ak jjegh talwit d liser. Tanemmirt-ik atas ! S yergazen am kecci i tlehhu tmusni ! Tikkelt nniden yelha usuref ! Lehna tafat, ar tufat ! Youcef Ouchivane Allioui

  6. Azul a mass Youcef, j’ai découvert le blog pr hazard en cherchant un dictionnaire d’économie sur google, je suis tres heureux d’avoir découvert ce trésor, il ya pas mal de chose que je cherchait auparavant sans rien trouver d’intéressant notamment en ce qui concerne l’économie Kabyle………

    Je vous souhaite bonne continuation pour votre excellent travail pour notre culture.

    Azul a r uwzalagen del jiren

    Tannemirt

    • Azul fell-ak a gma-ynu !
      Ferhegh i mi tufid ayen tettnadidh. Tanemmirt af tizet p-pawal ynek. At Weghlis maççi kan d ljiran : d-imawlan. Ar tufat, lehna tafat ! Youcef Ouchivane Allioui


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