Publié par : youcefallioui | mars 8, 2013

Femmes berbères, femmes du monde, Joyeuse fête !

URAWEN I TLAWIN !

 

Ces souhaits sont d’abord pour vous, jeune fille de France, dont j’ignore encore le nom – L’Ange aux yeux bleus qui passait un jour de 1975 pour me porter secours,  alors que je n’avais pas vraiment le coeur à la fête !

Merci et toute ma gratitude à tout jamais ! Que Dieu vous garde et veille sur vous et ceux qui vous sont chers. Que le Dieu des Kabyles (Le Souverain Suprême) soit avec vous dans les moments  de  doute.

Si d’aventure, vous sentiez que je peux vous être utile de quelque façon que ce soit, soyez assurée que je le ferai avec un immense bonheur et une joie infinie.

Si vous veniez un jour à me lire, je veux que vous saviez ceci : Aux derniers instants de ma vie, j’emporterai votre beau visage avec ceux des miens.

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Urawen i Helen ! Urawen i Damia Tawes ! I Tassaâdit ! I Malika ! I Zehra ! I Wnissa ! I Nicole ! I Jeannette ! I Brigitte ! I Sylvie ! I Deborah ! I Wrida ! I Kaya ! I Amal ! I Sedda !

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En cette journée de la femme, je voudrai souhaiter la bonne fête à toutes les femmes du monde et notamment les femmes berbères où qu’elles soient. Une pensée toute particulière pour la femme touarègue en ces temps douloureux où les Imazighen sont jetés en pâture dans un monde où le droit de vivre – notamment pour les femmes – est toujours remis en question.

En digne héritière des Olympes kabyles, ma mère (Tawes Ouchivane) disait dans les années 70, alors que beaucoup d’hommes quittaient déjà l’Algérie : « Le pays où la femme souffre, les prisons sont remplies de braves ! » (Anda tenter tmettut, lehbus ççuren d-irgazen)

Pour cela…  Pour paraphraser  ma douce mère Tawes :  « Là où les femmes sont heureuses, c’est là que les hommes s’accomplissent ! » (Anda ferhent tlawin,  i ssawadhen yergazen !)

je voudrai parler d’une Olympe kabyle, Mon arrière-grand-mère Awicha. Awicha des Ijâad Ibouziden serait née vers l’an 1856. Cette date de naissance est déterminée par déduction, par rapport à l’insurrection kabyle de 1871 contre les armées coloniales françaises.
« Son Yidir-lion » ou « Son grain magique » comme elle appelait son jeune mari fut tué à l’âge de 20 ans par les Français dans « la bataille des collines » sur les hauteurs de la vallée de la Soummam, aux Awzellaguen, lors de l’insurrection kabyle de 1871.

Je dédie encore ses belles pensées « féministes » à toutes les femmes du monde et notamment les femmes berbères d’Afrique du Nord et plus particulièrement les femmes kabyles et touarègues.
Yemma Awicha, comme on l’appelle dans ma famille, nous a légué de nombreux récits sur l’ancienne Kabylie : des contes, des mythes, des poèmes et surtout de belles pensées par lesquelles elle signifiait déjà en son temps que « La femme restera à jamais l’avenir de l’homme ».

Sa formule préférée : « Ce qu’il faut à un pays pour vivre heureux, c’est la liberté de la femme qui porte le socle des meules du moulin qu’est ce monde. » (Is ilaqen i tmurt yebghan lehcaca, d llwi n tmettut ireffden lfurca n ddunnit).

Quoi de plus beaux que ces quelques aphorismes de mère Awicha qui nous viennent de ces temps où la Kabylie pouvait se targuer d’Assemblées des femmes à travers ses cités-républiques ? A travers son pluralisme et son système démocratique, pluraliste et laïc. Selon ma mère, Yemma Awicha disait : « Ce que j’aime chez l’Homme : plus il est brave, plus il laisse la femme régner sur les choses qui les concernent : il sait que s’il est dans le noir, elle l’en sortira vers la lumière ! » (Ayen hemmlegh ar Wergaz : akken yella d-afehli i’gttajja tamettut at-tray af lecghal i-ten yaânan : ihsa mi yella di tlam a-t-id ssufegh ar tafat !)

Voici donc quelques pensées pour nos grands-mères, nos mères, nos soeurs, nos femmes et nos filles.

1 – « Un village sans fille est comme une maison sans soupente » (Taddart mebla taqcict, am exxam mebla taârict).

2 – « Sans amour et sans sagesse, aucun pays ne connaît de fleurs au printemps ! » (Mebla lehmala t-tmusni, wlac tamurt yessnen ijeggigen di tefsut !)

3 – « Entends ta femme et Dieu t’ouvrira les portes ! » (Sel i tmettut-ik, Rebbi a-k yelli tiggura !)

4 – « Si tu aimes ta femme et tes frères, tu entendras l’oiseau te le chanter chaque matin ! » (Ma yella themmledh lalla-k d wayetma-k, as tesledh i wefrux m’ara-k t-yccennu yal asru !)

5 – « L’homme qui sait, sait que la femme sait. » (Azgaz yessnen ; yehsa s tmettut tessen !)

6 – « Une maison où les enfants rient : c’est l’homme et la femme qui se tiennent par la main. » (Axxam anda ttadhsan warrac, d-argaz t-tmettut i-geddan afus deg’wfus).

7 – « L’homme qui aime voit mieux que les autres : sa femme éclaire son chemin. » (Argaz ihemmlen, itwali xir g-wiyyidh : d lalla-s is igan tafat g_webrid).

9 – « Ce qu’il faut à un pays pour connaître le printemps, c’est la liberté de la femme ! » (Is ilaqen i tmurt bac at-tissin tafsut, d llwi n tmettut !)

Ce sont ces messages d’amour et de liberté que les enfants berbères devraient d’abord apprendre à l’école plutôt que ces messages idéologiques et religieux qui les plongent dans un obscurantisme et une pensée réifiante d’un autre âge !

Si la femme est l’avenir de l’homme, c’est aussi son passé et surtout son présent !

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