Publié par : youcefallioui | septembre 12, 2013

Ouzellaguen ou le bonheur d’être Amazigh !

REMERCIEMENTS

Youcef ALLIOUI OUCHIVANE
Yusef Ucivan Alliwi

DE L’HOMMAGE QUI M’A ETE RENDU PAR L’ASSOCIATION IDLES
(Avec le concours de la municipalité d’Ighzer Amokrane)
Les 29 et 30 août 2013 – Bibliothèque municipale –
Ighzer Amokrane – Awzellaguen

Des hommes d’honneur…
De la sagesse d’antan au savoir qui nous unis.

C’est un peu dans ces contes merveilleux de mon enfance qui se terminent dans la joie de retrouver les siens qui vous entourent avec respect, gentillesse et un égard inégalable.
Les héros de ce conte merveilleux qu’il m’a été donné de rêver pendant plusieurs jours s’appellent Areski, Samir, Zahir et Hakim… sans oublier tous les autres dont le regard effleure comme le vent frais qui pousse la fleur au printemps à se montrer sous les rayons ardents du soleil.

La contrée où s’est déroulé ce conte s’appelle Ighzer Amokrane.
La trame autour de laquelle tout s’est tressé porte un nom simple et plein de résonnance : IDLES – comme un temps où le crieur public de la cité kabyle parcourait les ruelles du village pour annoncer qu’une Assemblée (Agraw) importante allait avoir lieu.
A cette notable différence, à travers Idles, les femmes étaient également conviées et accueillies avec honneur et respect. C’est aussi l’une des marques des Awzellaguen qui fait toute ma fierté… de voir ces jeunes filles dans la salle de conférence participer activement au débat qui suivait ma prise de parole.

Je me suis donc retrouvé entouré de tous les miens dont les regards et les visages rayonnaient. Leurs mots pleins de gentillesse et de respect réveillaient en moi les plus beaux jours de cette enfance qui repasse, en nous vieillissant, comme dans un mirage en plein désert où, sous l’effet de la soif, l’on croit voir au loin (enfin !) les premiers palmiers d’une oasis qui nous promet ce qu’aucun autre endroit au monde ne saurait et ne pourrait nous offrir.
Je voguais donc entre deux mondes. Je redevenais enfant dans ma cité parmi cette grande famille qu’est la famille de l’Arch des Awzellaguen ; parmi mes amis dont je me croyais oublié, délaissé au gré de l’exil qui m’avait frappé, comme tant d’autres, dans ma forte jeunesse où les frontières n’avaient pas de nom.

Je voyais mon visage sur les murs de nos rues et la grande façade de notre plus bel ouvrage, tel le beau château du prince amazigh Sammac – au 3ème siècle de notre ère – sur la façade duquel notre ancêtre avait gravé sur la roche qui surplombait le ravin de la Soummam en bas d’Ighzer Amokrane, la gloire des Imazighen capables de tenir tête à la puissance romaine qui régnait sur le monde.

Si mes yeux se sont bien souvent brouillés, si ma voix s’est bien souvent éteinte – quand les mots avaient du mal à sortir de ma gorge – ce n’est pas de tristesse mais d’une joie infinie de voir et de sentir cet élan d’amitié, de générosité et de fraternité des miens envers moi. Envers moi comme si j’étais un personnage important auquel on rend un hommage amical et fraternel, hommage auquel participent plusieurs dizaines de personnes de mon village : Ighzer Amokrane.

Ighzer raisonnait à mes oreilles comme un grand écho et je me rendis compte soudain – au travers de ces élans d’amitié et de générosité de mes amis – que l’adjectif amazigh « Grand » (Amokrane) n’était ni surfait, ni démenti. Et je me surprends à penser avec bonheur que je suis son enfant et parmi ses enfants.

Quel plus bel hommage que celui-là ?

J’étais entouré des miens (Awzellaguen) et sur chaque visage je pouvais lire un salut affectueux, un regard doux et respectueux, un visage rayonnant qui me souhaitait le bonjour et la bienvenue.

Comme si tout cela n’était pas suffisant, comme si cet hommage leur paraissait incomplet, je les vois me ramener des cadeaux de remerciements, comme si c’était à eux de me remercier !

Il ne manquait qu’une chose – semblait-il à leurs yeux d’amis, de frères – un bureau magnifique accompagné d’un fauteuil de ministre ! Pourquoi ? « Pour que tu continues d’écrire, à Dda Yusef ! » s’exclamèrent avec malice et un sourire affectueux, Arezki et Zahir !

Hakim et Samir m’ont raconté l’histoire pleine d’anecdotes pour arriver à ce qu’ils se fixent sur le choix d’un « cadeau idéal »… Et Arezki de leur répondre qu’il leur faisait entièrement confiance quant à leur choix !

Devant tant de prévenance, comment trouver les mots qu’il faut pour les qualifier ? Chacun alors comprendra – je parle de ceux et celles qui savent lire avec le cœur – ma surprise et mon émoi et pourquoi j’ose dire que je me sens redevenir enfant. L’on ne se livre que face et devant ceux qui nous témoignent leur sincère amitié. L’on ne se livre que devant ces âmes et ces cœurs nobles qui n’ont pas de réticence à me montrer leurs nobles sentiments. Vous comprendrez alors – cher lecteur et chère lectrice – que je ne livre de ce qui me reste de ma tendre enfance qu’à mes amis dignes de mes sentiments et de mon respect.
Ce serait faire injure à leur amitié que de jouer « aux grands qui ont tout vu », alors qu’ils n’ont rien vu du tout !

Leur simplicité et leur noblesse de sentiment ainsi que leur modestie sont autant de pureté d’âme et de cœur qui leur faisaient penser qu’en plus de l’hommage qu’ils m’ont fait l’honneur de me rendre, il me fallait un cadre agréable pour continuer de (re)saisir ma plume !

C’est une modestie et une grandeur de cœur que je leur envie. C’est d’elle et de leur gentillesse fraternelle que je tirerai à l’avenir les forces nécessaires pour continuer d’écrire ne serait-ce que pour me rendre digne de l’hommage qu’ils m’ont rendu.

C’est un hommage qui revêt à mes yeux tous les bonheurs du monde : être reconnu par les siens et dans son pays, sa Kabylie et son Arch : Ouzellaguen.

Je n’ai jamais caché l’amour que j’éprouve pour mon peuple brimé et dont « Dieu – pour paraphraser le grand historien Ibn Khaldoun – prendra à jamais soin » : les Imazighen en général, pour les Kabyles en particulier et spécifiquement pour les gens des Awzellaguen, mon Arch ou pour saluer – en passant – la mémoire du grand Kateb Yacine, ma belle tribu, surnommée par le valeureux Cheikh Aheddad (à la veille de l’insurrection de 1871) : « L’arch roi » (Lâarc agellid) ; quand les chefs des cités de l’arch (les Mezwers) lui avaient rendu visite pour l’assurer de leur participation pleine et entière à l’insurrection nationale contre le colonisateur.

De cette noblesse d’âme et de coeur, les gens de ma tribu me l’ont témoigné en de maintes occasions, surtout quand la vie et le temps s’étaient montrés peu magnanimes avec moi… Ils m’avaient tendu la main et encouragé à affronter les mauvais jours… C’est à ce titre et à bien d’autres qu’il serait trop long de révéler ici que je clame toute ma fierté d’être des leurs.

Mes chers amis,
Il ne me suffit de vous dire GRAND MERCI… C’est si peu dire en m’inclinant devant tant de générosité et d’amitié fraternelle…

Il ne me reste qu’à vous assurer que je ferai tout pour être digne de vous ; digne de l’hommage que vous m’aviez rendu ; digne de l’image de moi que vous avez donnée vers l’extérieur ; digne de l’homme que vous voyez en moi.

Avec toute l’amitié et le respect qui m’habitent et cette dette immense que j’aurai à jamais envers vous.

Yusef Ucivan Alliwi
Youcef Ouchivane ALLIOUI

PS : Pardon de n’avoir pas pu écrire – faute de moyens de transcription – dans notre langue, en kabyle. Le texte vous parviendra dans les prochains jours.

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Responses

  1. Voilà je me présente mon mari est un awzellague ziki Saïd c’est une région qui me fascine je je suis D’allaghen

    • Azul a Weltma aâzizen !

      Si vous êtes fascinée par les Awzellagen, vous avez ô combien raison ! Le valeureux Cheikh Aheddad n’avait-ils pas déclaré que « Awzellaguen d Lâarc agellid » (Awzellaguen, Arch-roi !)
      Mais, je peux dire autant des At Mlikech dont l’histoire est aussi importante que celle des Awzellaguen. At Mlikech est l’arch qui a longtemps servi de refuge pour tous les combattants kabyles contre le colonialisme.

      Avec tout le respect qui m’habite.

      Ar tufat, lehna tafat ! Youcef Ouchivane Allioui


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