Publié par : youcefallioui | juin 3, 2014

AMSAYER i-wid ibghan Asayer… i Lezdayer

 

Aselked n wedlis n Khalil GIBRAN – The prophet (Amsayer).

 

Nous voici face à l’épreuve de la traduction du chef d’oeuvre de Khalil GIBRAN, The prophet. Ce fut un exercice de style à travers lequel la langue kabyle se trouvait chez elle. Elle s’y trouvait si bien que l’on serait tenté de penser que certaines pensées ou métaphores sont kabyles. J’espère que le lecteur kabylophone et amazighophone s’emparera avec plaisir de ce texte – en y scrutant les mots – tout comme j’ai eu le plaisir et le bonheur de le « ramener ou de rendre le texte de Khalil GIBRAN » – selon l’expression de mon ami et maître Mohammed ARKOUN – à notre chère et belle langue : tamazight.
Notre langue a certes besoin d’écrits ; mais elle a encore davantage besoin de lecteurs. Sans la lecture et le lecteur, nos efforts sont voués à l’échec… Merci de l’accueil que chacun de vous apportera à cette traduction et si, ici et là, vous y rencontrez une faiblesse ou une coquille, pensez à ceux que disaient nos Anciens : « Win ittruzun asalu, iberrez akken yufa, macci akken yebgha ! »
Tanemmirt n kwent ! Tanemmirt nwen !
Photo

 

La désaliénation de Khalil Gibran à Mohammed Arkoun

 

« Si toute traduction suppose un minimum de connaissance de l’œuvre à traduire, elle implique obligatoirement la maîtrise de la langue et de l’environnement vers lesquels le traducteur veut faire passer sa version. Sans ce préalable, on traduit pour se faire plaisir et non pas pas pour faire œuvre utile ou tout au moins s’améliorer. »

(M. Arkoun)

 

Khalil Gibran fut parmi les premiers à donner ses lettres de noblesse à la littérature arabe à la fin du XIXe siècle. Il a également été un grand écrivain de langue anglaise. Il a traduit en anglais tous ses écrits en arabe. The Prophet est son chef-d’œuvre. La première version serait rédigée à l’âge de quinze ans. Version qu’il remania plusieurs fois avant de traduire le texte en anglais. Il voulait que chaque mot soit la plus belle parure du langage. Le texte ne fut remis à l’impression qu’une fois qu’il jugea son contenu à l’épreuve des nuances et des sentiments qu’il souhaitait donner aux mots. Un peu comme s’il voulait sentir leurs racines. Il savait qu’il suffisait parfois d’un mot pour faire surgir par magie l’espoir et les rêves de tout un peuple. Paru en 1923, The Prophet lui conféra une notoriété internationale.

 

Youcef Allioui est psychologue sociolinguiste. À travers la traduction du chefd’œuvre de Khalil Gibran, il nous livre un texte kabyle riche et dense, avec la sensibilité et la passion qu’on lui connaît pour la langue et la culture amazighes de Kabylie.

 

Pensée des anciens Kabyles :

– Tudert tetteddu d wass,  tessaram azekka, ghas tettghima d yidhelli.

« La vie va avec le présent ; elle espère en demain ; bien qu’elle demeure avec le passé. »

 

Réponse à une question :

Question : « Pourquoi avoir choisi un poète arabe ? »

Ma réponse :

Khalil GIBRAN est un poète et écrivain universel. Ses écrits ont toujours dérangé les « bons pensants arabes ». Puisqu’il a surtout écrit en anglais. Ce qui fut le cas de The Prophet qui n’a été remis à l’éditeur qu’en anglais. Le texte est intéressant – je veux dire magnifique et grandiose, traduit dans beaucoup de langues y compris en chinois ! – La sagesse kabyle s’y retrouve à travers ses mots… et surtout la mise en avant de cette lutte pour la liberté qui habite le texte. Ce qui est le plus troublant et intéressant à travers ce chef-d’oeuvre, c’est le parcours de Khalil Gibran qui ressemble beaucoup au parcours et au combat des écrivains kabyles et amazighs… Il a été condamné à la fois par l’église et la mosquée : c’est-à-dire les deux religions monothéistes qui ont cours au Liban… A l’instar d’un Slimane Azem, d’un Jean Amrouche ou d’un Mohammed ARKOUN, il a quitté son pays bien malgré lui et il est mort en exil… Au-delà de toutes ces considérations, je te coupe la question : « Un poète dépasse son origine ou sa nationalité – d’ailleurs, il était Américain – si son oeuvre est universelle, cela signifie qu’elle est aussi de toutes les langues et de toutes les origines. En arrivant en France, j’avais découvert que Le poète kabyle Si Mohand ou-Mhand était étudié dans les meilleurs lycées parisiens, comme le Lycée Racine. Dans le pays des lumières, des écrivains et des poètes qu’est la France, les lycéens parisiens ont eu beaucoup de bonheur à connaître Si Mohand dans son oeuvre universelle et non pas seulement kabyle. Pas un seul ou une seule d’entre eux/elles n’avait posé la question à leur professeur : « Pourquoi avoir choisis un poète kabyle ? » Car ils savent ce qu’est l’universalité. Et c’est ce que nous souhaitons donner à notre langue à travers des oeuvres riches où le texte et la poésie rassemblent et tendent vers l’amour du genre humain. Merci pour votre question !

 

 

 

 

 

 


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