Publié par : youcefallioui | septembre 16, 2014

L’enfant… C’est la lumière d’un peuple… Agrud t-tafat n wegdud…

Les anciens Kabyles disaient : L’enfant… C’est la lumière d’un peuple…  Agrud t-tafat n wegdud… Ma grand-mère Ferroudja : « Chaque enfant est comme une étoile qui brille dans le ciel… Yal agrud d-itri ittezruruqen deg’genni. »

Dans une société où l’enfant souffre, quand il subit de la violence sous quelque forme que ce soit, c’est tout un peuple qui ne sait pas où il va. Et quand cette violence s’abat sous toutes ses formes sur la petite fille, c’est l’avenir du pays qui est jeté à l’encan.

Un dicton des Babors (Kabylie) : « Le rire de l’enfant est pareil au toit d’une maison » – Tadsa n weqcic d ssqef n wexxam.

Un autre dicton : « Un village sans fille est comme une maison sans soupente » – Taddart mebla taqcict am wexxam mebla taârict ! – La soupente de la maison traditionnelle kabyle sert à conserver tout ce que la famille possède comme objets de valeur ainsi que les provisions. Elle sert également de chambre à coucher pour les filles.

 

Anecdote : J’avais 10 ans…

Un jour, je fus battu injustement (et sauvagement !) par mon grand-frère pour une bêtise « de rien du tout ». Mon père donna raison à l’aîné d’avoir passé sa colère sur moi…

Je fugue pendant trois semaines en pleine guerre d’Algérie. Les militaires français me découvrent dans une cabane en pleine forêt. Je crus bon d’expliquer du haut de mes 10 ans, le pourquoi de mon escapade. Un harki bienveillant – me proposa de m’emmener dans le village le plus proche – non encore détruit par l’armée – pour me trouver une famille d’accueil temporaire : « En attendant que ta colère passe ! » me dit-il affectueusement.

Je fus donc accueilli dans une famille que j’eus du mal à quitter…  j’y ai trouvé mon premier amour… une petite fille de mon âge : Safia.

Trois semaines après, je rentre. Je trouve mon père au jardin. A ma vue – mes parents me croyaient mort – Il était bouleversé, des larmes coulaient doucement sur ses joues… pendant qu’il prononça quelques mots d’une voix étranglée : « Tu es vivant mon fils ! » Je lui répondis sèchement : « Heureux sois-tu père, toi qui n’a personne pour te battre ! Mais, pire encore, tu as laissé cette brute de frère me battre à ta place ! Vous m’aviez humilié ! »

Il me prend dans ses bras et me dit : « Je jure sur la mémoire des ancêtres et sur Dieu que plus jamais personne n’osera t’humilier et ne portera la main sur toi ! »

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 » La 17ème Journée Annuelle de la

Petite Enfance à l’Adolescence « 

Marseille

Parc Chanot – Palais des Congrès

Vendredi 12 décembre 2014

 » la violence…pourquoi, comment et après « 

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   « Les hommes sont si bêtes qu’une violence répétée finit par leur paraître un droit ».  Claude Adrien Helvetius

     

N’avons-nous jamais été surpris, choqués, déstabilisés, horrifiés, sidérés, par la violence ? Ne nous sommes-nous jamais interrogés un jour sur les mécanismes de cette violence, sur ses causes, sur ses conséquences ?

D’abord distinguons la violence de la colère, émotion normale qui survient lors de frustration, peine, injustice etc… On peut dire que la colère peut être saine voire constructive. Toutefois elle peut devenir nuisible si on l’exprime par l’utilisation de comportements violents.

La violence agie ou subie se rencontre au cours des différentes phases de développement et dans des expériences particulières ou collectives.

 

Les enfants expriment dès leur naissance leur colère. Avant l’âge d’un an la coordination de leurs mouvements leur permet de frapper, de mordre, de donner des coups de pieds. Dès 3 ans ils sont capables d’agression physique, bien que la plupart de ce recours à l’agression diminue dès qu’ils arrivent à communiquer par le langage. Les enfants passent par des étapes de progression indispensable dont l’agressivité, qui peut se transformer en violence, fait partie. Ce que Freud appelait la « disposition perverse polymorphe ».

« Les petits vers 18 mois à 2 ans ont une manière normale d’être violents. De même à l’adolescence, il y a une violence, une manière de s’opposer, qui n’a pas le même sens qu’une pathologie » constate le Professeur Maurice Berger, Spécialiste des enfants et des adolescents violents.

Les enfants présentant des signes de violence pathologique n’ont même plus accès à leur propre souffrance et l’on se rend compte que la famille pathogène fait partie des problèmes de l’enfant, et qu’un comportement antisocial est en fait un SOS.

 

De toutes les violences, les violences envers les enfants sont vraisemblablement celles qui sont les plus dissimulées. Ces violences aboutissement à la construction d’une mémoire traumatique de l’événement, différente de la mémoire autobiographique normale, ce que certaines structures de l’encéphale ne vont pas intégrées. L’enfant face à une extrême violence va se retrouver comme paralysé et cet état d’anéantissement psychique va stopper toute représentation mentale et toutes possibilités de contrôle de la réponse émotionnelle qui a été déclenchée par la structure cérébrale sous-corticale : l’amygdale. La mémoire traumatique est une mémoire émotionnelle enkystées de violences.

Quelle différence entre agressivité et violence ? On peut dire que l’on passe de l’agressivité à la violence quand l’autre devient une gêne pour sa propre existence. Le rapport dominant-dominé ou encore harceleur-harcelé. Ce sont la plupart du temps des enfants ou des adolescents se sentant en décalage par rapport aux autres. Ils ne sont pas à leur place dans le groupe.

 

La violence physique à l’égard de l’enfant peut prendre de multiples formes ; violence visible ou dont les traces s’inscrivent au-delà des blessures visibles. Le corps peut faire trace. Quelle prise en charge pour ces enfants qui ont été meurtris non seulement dans leur corps mais dans leur âme ?

 

Les jeux vidéo à contenus violents sont-ils vraiment violents? Jouer à ces jeux peut-il avoir des effets sur le comportement du joueur ? Quel est le profil du joueur et qu’est-ce qui l’attire dans ce type de jeu ? Sur quelqu’un qui va bien les jeux vidéo ne vont pas le rendre violent. Par contre quelqu’un de violent peut consommer de la violence d’où confusion entre cette réalité et la réalité

 

L’enfant étranger doit être pensé dans sa famille en lien avec deux univers de nature différente prenant en compte sa culture. Il est né dans un univers double. Le risque est que sa personnalité se construise sur une logique de rupture qu’a introduit la migration de l’histoire de sa famille, de rupture du cadre culturel que l’on cache, de la confrontation entre les logiques d’ici et de là-bas. Aussi la compréhension des comportements limites nécessite un décodage qui va porter sur les manières de voir et de considérer le monde, l’attribution de sens aux symptômes, les logiques thérapeutique qui en découlent.

 

Faut-il éviter les violences éducatives ? L’interdit chez l’enfant est une fonction structurale majeure. Plus l’interdit est énoncé, moins on a besoin de violence physique. Actuellement les enfants survalorisés considèrent que les adultes sont à leur service et ne les craignent pas, ne sont plus intimidés en classe, ne respectent plus leur professeur ce qui fait naître une nouvelle forme de violence. Il est en train d’apparaître, une violence relationnelle, émotionnelle et verbale instaurée par certains enfants que rien n’intimide.

 

Françoise-Flore COLLARD

             Présidente de « Couleur d’Enfants »


Responses

  1. Bonjour Youcef et bravo pour ton article!
    Une nouvelle lumière s’est allumée à Toulouse, le 23 septembre, au foyer de notre fille Juliette avec le petit Marius qui a 1/8ème de sang kabyle…..
    Michel et Micheline Molinier.


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