Publié par : youcefallioui | décembre 16, 2019

TAMAZIGHT, SINON RIEN ! MYTHE DE LA LANGUE – IZRI G_ILES – A la mémoire des enfants kabyles assassinés… Aux jeunes Kabyles arrêtés pour détention d’emblème amazigh…

Dictons et pensées kabyles :

  • Un peuple qui a une langue se sent en sécurité (Agdud isâan iles, itwennes !)
  •  Un peuple qui a perdu sa langue, s’est perdu à jamais ! Agdud isruhen iles-is, iwedder iman-is ! 
  •  Si Dieu te réclame ton coeur, donne-le Lui ! 
  • S’il te réclame ta terre et ta langue, dis-lui : Non ! Car sans ta terre et ta langue, tu n’as plus ni coeur ni foi !
  • Ma yessuter-ak-d Ugellid Ameqqwran ul-ik ; Efk-as-t !
  • Ma yessuter-ak-d akal-ik d yiles-ik, inn-as : Ala ! Mebla iles-is d wakal-ik, ur tesâid ul, ur tesâid tasa ! »

1 – LE MYTHE DE LA LANGUE – IZRI G_ILES

Ceci est un mythe… Ecoutez et soyez heureux !

 

Il était une fois Azrou (« Le rocher »), une grande cité kabyle où les gens vivaient dans le bonheur et la paix. Comme toutes les cités kabyles, celle-ci avait aussi son fou. Un fou pas méchant, que les enfants aimaient beaucoup car il leur racontait plein d’histoires.

Un jour parmi les jours de Dieu, les enfants étaient en train d’écouter le fou qui racontait un mythe. Voici ce qu’il leur disait :- Ecoutez-moi bien les enfants, je vais vous dire quelque chose de très important. Savez-vous que juste à la sortie du village, en bas du ravin couvert par le brouillard, il y a la porte du paradis ?

Etonnés, les enfants lui dirent :- Comment pouvons-nous y aller ?

Le fou leur répondit : – Pour y aller, c’est tout simple ; il suffit de sauter du haut de la falaise et vous tomberez juste en face de la porte du paradis.

Les enfants lui disent :- C’est quoi le paradis ?

– Le paradis ? Heuu…, bégaya le fou, et bien le paradis, c’est un grand jardin où les enfants peuvent faire et manger tout ce qu’ils veulent. Il y a même des figues et du raisin en hiver ! !

Les enfants s’exclamèrent : – Du raisin et des figues, en hiver !!?

Aussitôt, ils se levèrent et coururent vers le ravin en poussant des cris de joie.

Arrivés au bord de la falaise, dans un même élan, ils sautèrent tous ensemble.

Le soir venu, chaque mère s’inquiétait de ne pas voir rentrer ses enfants. Elles sortirent vers l’air de jeu des enfants.

Personne ! L’alerte fut donnée. Tous les gens du village se mirent à organiser la recherche.

Ils ne trouvèrent aucun enfant. Pendant qu’ils tenaient conseil à l’assemblée, un coucou se posa sur le mur et se mit à chanter :

– Coucou ! Coucou ! Demandez au fou !

– Coucou ! Coucou ! Demandez au fou !

Ils se tournèrent vers le fou. Ce dernier leur raconta en riant que les enfants avaient sauté par dessus le ravin.

Le Mezwer (Président de l’Assemblée) de la cité lui demanda :- Pour quoi avaient-ils sauté ?

Le fou lui répondit :- Je leur avais dit que là-bas se trouvait le paradis et qu’il y avait du raisin et des figues même en hiver.

L’Assemblée décida de le condamner à la peine capitale. Une vieille se leva et dit : – Il ne faut pas qu’il meurt, dit-elle, c’est sa langue, et non sa tête, qui est responsable de la mort des enfants. Il faudra donc lui couper la langue.

L’Assemblée s’inclina devant l’avis de la vieille femme. Ils attrapèrent le fou. Ils le forcèrent à ouvrir la bouche et ils lui coupèrent la langue.

Il poussa un cri vers son Créateur, sa bouche coulait le sang. Il partit en courant devant lui jusqu’au ravin d’où se précipitèrent les enfants et se jeta lui aussi dans le vide.

Alors, un tremblement de terre si fort coupa en deux le mont sur lequel était bâti la cité. Beaucoup de maisons s’écroulèrent et beaucoup de gens moururent.

Les survivants décidèrent alors d’abandonner le village et de partir vers d’autres pays. Chacun prit ce qu’il pouvait prendre et quitta le village. Mais les pays étrangers sont très durs et hostiles. Pensez-vous que quelqu’un les ait accueillis !? Pensez-vous que quelqu’un se soucia de savoir s’ils avaient faim ou froid ! ? Ils ne rencontrèrent que regards de travers et propos acerbes ! Beaucoup d’entre eux moururent de froid et de faim. Mais ceux qui moururent de chagrin étaient encore plus nombreux !

Voilà que le printemps revint !

Des mois passèrent (tournèrent) et le printemps revint avec eux. Seule la vieille qui décida de la sentence à infliger au fou revint au village.

Quand elle entra dans Azrou, elle entendit des voix d’enfants venir de l’air de jeu. Tout en décidant d’aller voir, elle se croyait devenue folle. Mais, arrivée sur le plateau, elle vit bien les enfants en train de jouer, seuls. Tous les enfants étaient là : les plus sages comme les plus turbulents.

Elle s’approcha d’eux et leur dit :- Vous êtes revenus, les enfants ? vous n’êtes pas morts ?

Les enfants répondirent en choeur :- Oui, grand-mère, nous sommes tous revenus ; nous ne sommes pas morts !

Elle leur demanda encore :- Et le fou alors, où est-il ?

Les enfants lui répondirent :- Lui, il ne pourra jamais revenir !

La vieille leur demanda :- Et pourquoi, mes enfants ?

Les enfants : – Parce que le fou, il avait perdu sa langue !

C’est un mythe, soyez heureux !

Je l’ai dit la nuit, la lumière va le démêler

Je l’ai conté au jeune noble, le rocher a ri et pleuré

Je l’ai conté au clair de lune, le vent l’a essaimé !

 

Laânaya g_izri d-izem ! –

La protection du mythe est pareille à celle du lion !


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